Quelques jours avaient passé depuis le bal. Lucie n'avait pas revu Philipp et désespérait de le revoir un jour. Elle se promenait dans Toulouse avec Louise. Il était près de 20 heures, le ciel s'assombrissait, les passants devenaient de plus en plus rares. L'orage n'allait pas tarder à éclater.
Louise : J'ai passé un excellent après-midi avec toi Lucie. Mais, il faudrait qu'on rentre.
Lucie sourit.
Lucie : Très bien.
Elles se dirigèrent, bras dessus, bras dessous, vers la place où elles avaient laissé leurs vélos. Une patrouille d'allemands passa à leurs côtés. Louise baissa la tête, Lucie détourna son regard. Elles les entendaient rigoler. Ils s'arrêtèrent. Lucie accéléra son pas, instinctivement, mais Louise lui attrapa le bras.
Louise : (calmement) Détends-toi.
Premier soldat : (sifflant) Mignonne, la blonde.
Deuxième soldat : C'est son cul qu'est mignon.
Lucie, dont Louise n'avait toujours pas lâché le bras, sentit la main de celle-ci se crisper. Les allemands riaient de plus en plus fort.
Deuxième soldat : Bah alors, tu réponds pas ?
Cet accent...Lucie le détestait.
Troisième soldat : Chérie, on te cause !
Lucie se retourna brusquement.
Lucie : Laissez-la !
Le premier soldat s'avança vers elles, menaçant. Il toucha l'épaule dénudée de Louise qui frémit de dégoût. Le troisième soldat se rapprocha et attrapa la bras de Louise qui lâcha aussitôt Lucie. Il la plaqua contre un mur. Louise était secouée d'un violent spasme, sa répétition se faisait saccadée.
Troisième soldat : T'aimes ça, hein ? Salope !
Lucie était tétanisée, elle n'arrivait pas à réagir. Louise tentait de se défaire de l'emprise de l'allemand. Le premier d'entre eux la gifla, ce qui la projeta à terre. Le deuxième s'approcha et lui donna un coup de pied dans le ventre. Son camarade en fit autant. Tout était trop irréaliste pour Lucie. Elle sentit des larmes couler sur ses joues. Louise semblai étouffer. Un des soldats, Lucie ne savait plus lequel, donna un coup de pied à Louise d'une violence innouïe. Lucie retrouva brusquement ses sens. Trop tard. Lorsqu'elle voulut s'interposer entre le bébé de Louise et ces brutes, elle vit le sang perler entre les cuisses de son amie.
Lucie : (hurlant) Non ! Laissez-la, poussez-vous !
Lucie ne réfléchit plus. Elle se jeta sur le soldat le plus proche d'elle. Elle entendait les râles proenant du corps de Louise et se sentait impuissante.Elle fut projetée au sol et ne vit plus grand chose. Elle sentit un corps s'abattre à ses côtés.
... : Qu'est-ce que vous faites bordel ?! Arrêtez ! Halt !
Cette voix... Lucie reprit conscience. Elle le reconnut, se battant avec un allemand, portant le même uniforme.
Philipp : Lucie, restes allongée !
Ne l'écoutant pas elle se leva, s'approcha de lui. Il asséna un coup de poing à son camarade qui s'écroula. Arrivée à quelques centimètres de lui, elle le gifla. Une fois, puis deux, puis trois. Elle déversa sa colère, sa tristesse, sa peur sur lui.
Lucie : (s'arrêtant un instant) Comment as-tu pu ?
Elle lui jetta un regard méprisant et s'en alla vers Louise mais il la rattrapa.
Philipp : Lucie, attends...
Lucie : Ne me touches pas ! Laisses-moi, je dois aller voir mon amie. Tes copains l'ont sacrément amochée.
Philipp : Ce ne sont pas mes am...
Lucie : Je m'en fous ! Elle a perdu son bébé ! A cause de vous ! Saloperie d'allemands à la con ! Vous ne nous avez pas déjà assez pris ? Hein ? Qu'est-ce que vous voulez d'autres ? Qu'est ce que vous voulez d'autre ? Qu'est ce que voulez d'autre, bordel ?
Elle s'agenouilla, se laissa tomber.
Lucie : (doucement) Qu'est-ce que vous voulez d'autre ?
Elle leva ses yeux vers lui. Il la regarda tristement. Elle avait tellement souffert. Il la prit dans ses bras, elle se laissa faire.
Lucie : Louise...
Philipp : Je m'en occupe.
Lucie : Je n'en peux plus.
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Et voilà ! (Je sais pas pourquoi je dis ça aussi joyeusement, banalement...)
Louise a perdu son bébé, Lucie s'est aperçue que Philipp était allemand. Je ne sais absolument pas ce qui va se passer dans la prochaine scène mais vous le saurez au plus tard mercredi.
Je voulais remercier Aurélie et tous les commentaires qu'elle m'a laissé. Tu te rends pas compte à quel point ils m'ont fait plaisir ! Ils m'ont redonné la pêche et m'ont motivée pour écrire cette suite ! Merci énormément. Et si j'ai un conseil à te donner, écris. Fiches toi du résultat, de ce que les autres peuvent en penser. Qu'est-ce que t'en as à foutre ? Si c'est ce que tu ressens, ce que tu crois, ça ne peut qu'être bon. Ne te compares pas aux autres. Ecris pour toi, simplement. Réinventes-toi à travers les mots. Parce malgré tout ce qu'on peut dire, il n'y a pas de meilleur remède qu l'écriture. Crois-moi, j'en sais quelquechose. Et ce conseil est valable pour vous tous lecteurs.
Clémence
PS : Merci pour les 226 visites de ce mois-ci.
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