Scène 7

Scène 7
Juillet 1942, Toulouse.


Antoine et Jean pédalaient côte à côte depuis un certain temps déjà. En silence. Ils parcouraient des petits chemins boueux et accidentés. Ils devaient rencontrer Le Chêne. Nom de code, bien sûr. Il allait leur donner des informations quand à un parachutage d'armes qu' Antoine et Jean devaient réceptionner, puis transférer au maquis.

Antoine: Louise est enceinte.

Jean s'arrêta brusquement. Il regarda son fils qui s'étaient arrêté aussi, souriant, et sentit de la fierté. Antoine faisait parti de sa chair, et le fait qu'il réussisse à fonder une famille, dans sa situation, dans cette situation. Cette information fit sourire Jean.

Jean: C'est vrai ?

Antoine acquiesa.

Antoine: Louise me l'a appris ce matin, même.
Jean: Je suis fier de toi mon fils, fier. Tu me redonne de l'espoir concernant cette guerre, oui, de l'espoir. Il y a toujours un peu d'humanité dans ce monde. S'il y a bien une chose que les Allemands ne peuvent pas nous empêcher de faire, c'est aimer. Aimer et transmettre cet amour, en faisant des enfants par exemple. Ils peuvent instaurer toutes le lois qu'ils veulent, mais ça, ils ne nous l'enlèveront pas.


Antoine lâcha son vélo et serra son père dans ses bras. Il ignorait comment stopper la douleur de son père, si ce n'est en l'aimant, inconditionnellement.

Antoine: Je sais qu'elle te manque. Maman, je sais qu'elle te manque. Mais on va y arriver, je te promets qu'on va venir à bout de cette guerre, de cette satanée occupation et de ces putain de boches! On va y arriver. Tous. Vivant.

Jean agrippa son fils par les épaules et y étouffa ses sanglots. Il avait besoin d'y croire, de retrouver l'espoir et le bonheur, sinon, il ne tiendrait pas. Il le savait. Antoine le savait aussi. Il se lâchèrent, montèrent sur leurs vélos et se remirent en marche.


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Je voulais juste vous dire que pour le moment, les scènes sont plutôt "heureuses" en restant tout de même dans un contexte d'occupation (sauf bien sûr le scène de l'arrestation d'Ahava, la mère d'Antoine et Lucie), mais cela ne risque pas de durer longtemps, donc, profitez-en bien.

Clémence


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# Posté le mardi 18 mars 2008 03:56

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:49

Scène 8

Scène 8
Juillet 1942, Toulouse.


Louise entendit des faibles coups frapppés à la porte. Elle s'approcha.

Louise: Qui est-ce ?
???: C'est moi, Lucie.


En reconnaisant la voie de la jeune fille, Louise se dépêcha d'ouvrir la porte.

Louise: Lucie ! Entre.

Elle la fit assoir et lui servit un verre d'eau.

Louise: A défaut d'autre chose...

Elle s'installa à côté de Lucie.

Louise: Qu'est-ce que tu fais là ?
Lucie: Je ne suis pas rentrée à la maison hier soir.
Louise: Quoi ? Enfin, que s'est-il passé ?


Lucie la regarda.

Louise: Ne me dis pas que vous vous êtes encore disputés ?

Lucie affficha un faible sourire sur ses lèvres. Louise fronça les sourcils.

Louise: Tu connais les raisons de ton père, Lucie. Il n'a pas forcément tord.
Lucie: Tu ne vas pas t'y mettre, toi non plus !
Louise: Tu te crois forte et résistante, mais tu ne connais pas tous les risques qu'ils encourent. Tu ne connais pas l'angoisse qu'ils ressentent à chaque instant.
Lucie: Parce que toi, oui, peut-être ?
Louise: Antoine m'en parle suffisament.


Lucie détourna les yeux. Ils refusaient de la comprendre, tous. C'était un besoin pour elle. Elle revoyait sans cesse les images de l'arrestation de sa mère. Un désir de revanche brûlait en elle. Etre une femme, rester assise sans bouger, à attendre que cette saloperie d'occupation se termine, et épouser un homme qu'elle n'aimerait sans doute pas ou peu, elle préfèrerait mourir plutôt que vivre ça.
Louise lui carressa les cheveux.


Louise: Je sais ce que c'est que d'avoir perdu ses parents, Lucie.
Lucie: Peut-être mais toi, tu l'as choisis.


Louise baissa la tête. Lucie réalisa alors ce qu'lle venait de dire et s'en voulut.

Louise(d'une voix douce, presque dénuée de toute émotion): Je n'ai rien choisis, Lucie, surtout pas d'avoir des parents collabos, ni de tomber amoureuse d'un résistant. Je croyais que tu l'avais compris.
Lucie: Excuses-moi, Louise, je ne le pensais pas. C'est juste que...je t'en veux. Tu as rennoncé à tes parents alors que...
Louise: Je sais, je sais. Mais tu verras quand tu aimeras un homme, tu verras.


Lucie passa ses bras autour des épaules de Louise et la serra. Très fort.

Lucie: Je suis désolée, je suis désolée.
Louise(soufflant): Ce n'est rien Lucie, rien ne peut m'atteindre aujourd'hui.


Silence. Lucie a toujours le visage enfoui dans les bras de Louise.

Louise: Je suis enceinte.

Lucie releva la tête, doucement. Elles se regardèrent quelques instants. Puis Lucie sourit. Elle rit et pleura.

Lucie: Merci, merci....


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# Posté le mercredi 19 mars 2008 08:31

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:57

Scène 9

Juillet 1942, Toulouse.


Lucie sortit de chez Louise rassasiée. Elle avait retrouvé l'espoir qui lui avait fait défaut ces derniers jours. Un enfant, preuve que l'amour existait encore. Elle admirait le couple que formait son frère et Louise, symbole que l'amour surmontait tout. Revivifiée, elle décida de se rendre à la Place de l'Eglise où elle était sûre de retrouver ses amis. Sur son chemin, elle croisa une patrouille de soldats. Et sourit. Ils ne pouvaient rien faire contre l'amour, elle était rassurée.
Lorsqu'elle arriva sur la Place, elle reconnut tout de suite la cheveulure blonde et sauvage de Jeanne, sa meilleure amie.


Lucie: Jeanne!

La jeune fille blonde se retourna au son de cette voix qu'elle connaissait si bien.

Jeanne: Lucie!

Les deux amies s'étreignèrent. Elles ne s'étaient pas vues depuis plusieurs jours.

Jeanne: Tu viens ce soir ?
Lucie: Où ça ?


Jeanne pouffa de rire. Son amie était tellement tête en l'air.

Jeanne: Au bal !

Lucie ne comprenait toujours pas.

Jeanne: quel jour est-on Lucie aujourd'hui ?

Lucie réfléchit et sourit lorsqu'elle trouva la réponse.

Lucie: Le quatorze juillet...

Jeanne hocha la tête en rigolant. Lucie vit alors un jeune homme s'approcher doucement du dos de son amie. Il était grand et roux, quelque peu barbu et avait environ leur âge. Lucie reconnut tout de suite Matthieu.
Il attrapa Jeanne par les hanches.


Matthieu: Jeanne, tu voudrais aller avec moi au bal ?

Jeanne rougit. Lucie avait toujours senti que ses deux amis resssentaient quelquechose l'un pour l'autre. Elle sourit. Décidemment, ils ne pourraient pas leurs enlever l'Amour...


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Hey! Je sais que pour l'instant Philipp n'est apparu que dans un article mais je vous promet qu'on va bientôt le revoir...le bal arrive bientôt...
De plus, j'ai ajouté Michelle Williams au casting car j'aime beaucoup cette actrice. Elle dégage un sensibilité unique et elle est vraiment magnifique. Pour l'acteur qui joue le rôle de Matthieu, je l'ai déjà en tête et je vous mettrais sa photo au plus vite.^^
Merci à ceux qui me mettent des commentaires, j'apprécie beaucoup.^^

Clémence.


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Scène 9

# Posté le mercredi 19 mars 2008 09:34

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:58

Scène 10

Scène 10
Juillet 1942, Toulouse


Jean et Antoine étaient arrivés devant la maison de Jean. Il avaient passé une longue journée, bien qu'elle n'eut pas été très dangereuse. Antoine s'apprêtait à partir quand il fut retenu par son instinct de grand frère.

Antoine: Papa, je voudrais te parler de Lucie.
Jean: Antoine, tu sais ce que je pense...
Antoine(le coupant): Ecoutes juste ce que j'ai à te dire. Je te promets que si tu m'écoutes, je ne t'en parlerais plus.


Jean acquiesa.

Antoine: Tu connais Lucie, et moi aussi. Et tu sais aussi bien que moi qu'elle est entêtée dans tout ce qu'elle fait. Même si tu l'en empêche, elle trouvera un moyen d'entrer dans la résistance. Et, elle risque beaucoup plus, dans ces conditions-là, de faire des mauvaises rencontres. Elle pourrait faire une bêtise et être arrêtée en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Elle ira jusqu'au bout. La question est: est-ce que tu veux l'aider et contrôler un minimum les missions qui lui seront attribuées ou est-ce que tu préfères rester sur ton jugemente et risquer de façon beaucoup plus importante sa vie ? A toi de voir.

Jean baissa la tête. Son fils avit raison. Il le savait. Mais il avait tellement peur pour elle.

Jean: Merci, mon fils. Merci.
Antoine: Je t'en prie. C'est ma soeur, je m'inquiète aussi énormément pour elle.


Antoine sourit puis s'en retourna, rapidemment.



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Je suis dans la rédaction d'une des premières scènes vraiment terribles et j'ai un peu de mal...
Il doit rester maintenant un peu plus de cinq scènes avant celle-ci. Je profite de cette semaine ou j'ai pas trop de boulot mais je ne vous garantie pas des mises à jour aussi rapprochées la semaine prochaine. Quoique. Lundi est férié donc, pourquoi pas ?

Clémence.


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# Posté le mercredi 19 mars 2008 14:15

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:58

Scène 11

Scène 11
Juillet 1942, Toulouse.


Lucie était déjà dans le salon quand Jean y pénétra. Ils se toisèrent quelques instants, ne sachant, ni l'un, ni l'autre, comment réagir. Lucie fut la première à bouger. Elle se jeta dans les bras de son père.

Lucie: Oh papa! Je suis désolée, excuses-moi, mais...

Elle se redressa.

Lucie(en sanglotant): J'étouffe, je ne peux pas rester ici sans agir. Tu devrais me comprendre mieux que quiconque. Tu ressens exactement la même choses que moi.

Jean sourit et essuya une larme qui venait de couler sur la joue de sa fille.

Jean: Je sais, je sais. Calmes-toi. La semaine prochaine, je t'emmènerais voir un ami.

Lucie le regarda, ébahie. Elle s'attendait à plus de résistance (c'est le cas de le dire ou plutôt de l'écrire^^) de sa part.

Lucie: C'est vrai ? Mais...T'es vraiment d'accord ?
Jean: Oui, mais on contrôlera tes missions et...Je veux que tu me promettes une chose...
Lucie: Ce que tu veux.
Jean: Ne repars pas comme tu l'as fait hier soir, sans rentrer de la nnuit, ni donner de nouvelles.


Lucie regarda son père et elle réalisa alors, plongées dans ses yeux bleus fatigués, qu'elle lui avait réellement fait peur.

Lucie: C'est promis.
Jean: Merci, ma chérie.
Lucie: Oh ! Papa ! Est-ce que je peux aller au Bal ce soir ?
Jean: Ma fille à un bal ? Est-ce bien raisonnable ?


Lucie le regarda en battant des cils. Il éclata de rire.

Jean: Je ne sais pas...
Lucie: Mais Antoine et Louise y seront aussi. Ainsi que Jeanne. Papa, je t'en prie !
Jean: Très bien ! C'est d'accord. Mais ne rentres pas après une heure, et demandes à ton frère de te raccompagner.
Lucie: Bien sûr !


Jean lâcha sa fille qui se dirigea vers les escaliers.

Jean: Lucie ?

Elle se retourna.

Jean: Ta mère serait vraiment fière de toi.

Lucie se rua dans les bras de son père et le serra de toutes ses forces. Elle était là. Elle était là et ne le quitterait pas. Il ne serait jamais seul. Jamais.



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# Posté le mercredi 19 mars 2008 15:53

Modifié le dimanche 04 mai 2008 11:56