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Juillet 1942, Toulouse.
Il marcha à peine dix minutes avant de se retrouver devant un vieux portail rouillé. Il tourna la poignée et rejoignit une vieille porte en chêne, quelques mètres puis loin. Il la poussa doucement et entra.
Antoine: Papa ?
Pas de réponse. Il monta à l'étage.
Antoine: Papa ?
Jean: Je suis là...
Antoine avança jusque la pièce d'où semblait provenir le murmure. Il passa l'entrebaillement de la porte et aperçut son père, assis sur un fateuil, le visage entre les mains. Antoine se précipita vers lui.
Antoine: Papa! Qu'est-ce qu'il y a ? Il est arrivé quelque chose à Lucie?
Jean(soufflant): Lucie...
Antoine: Papa ?
Il le regarda, interrogateur, cherchant à déceller un quelconque indice dans les yeux de son père.
Jean: Elle n'est pas rentrée hier soir. Nous nous sommes disputés, elle est partie, elle n'est pas rentrée.
Antoine: Elle est peut-être seulement dans les champs, tu sais qu'elle adore y passer son temps.
Jean: Même si ce n'est que cela Antoine, elle doit faire attention.
Antoine: Papa, ne t'inquiètes pas, elle doit sûrement être entrain de tourner en rond, ne sachant pas comment s'excuser. Pourquoi vous êtes-vous disputer ?
Jean leva les yeux vers son fils. Il le regarda silencieusement quelques instants.
Antoine: Toujours pareil, hein ?
Jean: Elle ne veut pas comprendre que nous sommes en guerre ! Elle risque gros.
Antoine: Je pense qu'au contraire elle le comprend mieux que beaucoup de gens ici. Elle a perdu sa mère, moi aussi d'ailleurs et elle ...
Jean(le coupant): Et moi j'ai perdu ma femme ! Et je n'ai aucunement l'intention de perdre un de mes enfants en plus. Tu sais aussi bien que mois que Lucie est trop fragile.
Antoine n'ajouta rien. La bataille était perdu d'avance. Il était effrayé par l'idée que sa soeur soit résistante, mais il craignait encore plus qu'elle fasse des bétises si on l'en empêchait.
Antoine: Il faut que l'on aille voir Le Chêne aujourd'hui, je te rappelle.
Jean se leva tristement.
Jean: Sors les vélos du garage, je te rejoins dans quelques minutes.
Antoine descendit dans la cuisine, prit deux pommes et sortit dans le jardin. Jean, quand à lui se dirigea vers sa chambre. Il s'asseya sur son lit et saisit le cadre qui reposait sur sa table de nuit. Il l'observa quelques secondes puis s'attarda sur le visage d'une jeune femme d'une trentaine d'année. Elle tenait dans ses bras un bébé d'à peine quelques mois et un garçon d'environ six ans s'aggripait à sa robe. La jeune femme riait aux éclats.
Août 1924, Toulouse. Flash-back
???: Papa! Papa!
Jean: Qu'y a-t-il Antoine ?
Antoine: Viens voir, viens voir.
Antoine se mit à courir vers la maison. Jean le suivait. Il entra par la lourde porte de chêne.
Jean: Ahava ! Qu'y a-t-il ? Un problème avec le bébé ?
Ahava(souriant et pleurant): Non, pas de problème, elle vient juste de rire.
Jean: Quoi ?
Ahava: Elle a rit, quel son magnifique ! J'avais oublié à quel point c'était joli!
Jean: Attends, pour immortaliser le moment, venez. On va prendre une photo.
Fin du Flash-back.
Jean sourit, posa un baiser sur le visage en noir et blanc d'Ahava et sortit de la pièce.
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