Scène 3

Août 1941, un hameau en Normandie. *Flash-back*

Lucie était agenouillée derrière des buissons. Une main étouffa le cri qu'elle s'apprétait à pousser. Lucie se retourna et reconnut Antoine, son frère. Elle plongea ses yeux dans les siens pour tenter de lui faire comprendre sa détresse. Son frère acquiesa, il savait. Elle baissa la tête et sentit comme des gouttes de pluies sur ses joues. Du pouce, Antoine essaya de les effacer. Du même geste, il voulait effacer la douleur de sa soeur, même s'il savait qu'il échouerait. Il est des douleurs trop profondes pour qu'elles soient effacées, ni même effaçables. Lucie fixait les doigts de son frère afin d'empêcher les larmes de couler. Des hurlements détournèrent son regard.
D'abord, elle vit la silhouette de son père, effondré. Puis, elle aperçut le visage de sa mère, ses yeux verts engloutis sous les larmes, ses longs cheveux bruns en désordre. Enfin, elle les vit eux. Ces visages, rieurs devant tant de désespoir, ces sourires, ces fossettes. Ces fossettes. Un homme attrapa les cheveux de sa mère et lui cracha au visage. Lucie voulut se lever mais Antoine resserra son emprise sur elle.


L'homme: Sale yupin ! Tu me dégoutes ! Comme tous les autres de ta race ! Comment osez vous vous tenir ainsi que les êtres humains ?

Il la projeta à terre à l'aide d'une gifle.
L'homme (riant): Là ! Tu es au niveau que tu mérites. Miststück* !

Les autres rigolèrent. La voix brisée par les sanglots, Lucie chuchota.

Lucie: Maman...

Soudain, elle reprit conscience. Elle se releva brusquement. L'orage avait cessé. Elle toucha son visage et sentit de la terre collée contre lui. Elle remarqua alors une présence proche d'elle. Elle tourna la tête et aperçut un homme de quelques années de plus qu'elle qui la fixait, sûrement depuis quelques temps.

* Je n'ai absolument aucune notion d'allemand mais c'est pour internet la traduction de Salope! Si quelqu'un a une autre traduction, n'hésitez pas à me la faire savoir!
Clémence


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Scène 3

# Posté le vendredi 07 mars 2008 15:26

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:48

Scène 4 [Elle&Lui]

Scène 4                                                                                                                                        [Elle&Lui]
Juillet 1942, Toulouse. Musique


Elle n'osa pas bouger. Elle l'observa et fut touchée par le désespoir qui émanait de ses yeux. Ses yeux d'un vert presque cruel. Elle ne pouvait détacher son regard du sien, elle était fascinée par son visage. Il avait souffert, ses traits en faisaient l'aveu.

Il n'osait pas bouger. La détresse de cette jeune fille lui faisait mal. Il l'avait vu se débattre et gémir alors qu'elle semblait inconsciente. Elle paraissait encore une enfant mais de celles qui ont vécu plus que la majorité des prétendus sages. Il ne la connaissait pas mais se sentait impliqué dans sa vie. Il avait peur pour elle. Elle n'était pas à sa place dans ce monde, il se dégageait une trop grande innocence de ses yeux. Ses yeux bleus profonds, appeurés. Appeurés et haineux. Il voulut créer un lien. Il lui sourit et se décida à parler.


???: Philipp.

Elle fut touchée par son sourire et le son de sa voix. Elle était brisée mais forte, douce mais grave. Dans ce prénom, elle entendait un appel à l'aide. Un appel auquel elle souhaita répondre.

Lucie: Je m'appelle Lucie.

Sa voix apaisa le jeune homme et, paradoxalement, confirma ses peurs. Elle était jeune, trop jeune pour ce monde, pour cette guerre et ces horreurs. Il aurait souhaité la prendre dans ses bras et arrêter ces massacres, ou, au moins, l'en protéger. Mais il était impuissant...

Elle voulut s'approcher mais il leva son bras et elle s'arrêta. Ils étaient à à peine quelques mètres l'un de l'autre et aucun des deux n'osaient bouger. Brusquement, il avança vers elle. Elle sentit son souffle sur sa joue, il y déposa un furtif baiser et s'enfuit.



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# Posté le samedi 08 mars 2008 13:04

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:48

Scène 5 [Antoine&Louise]

Juillet 1942, Toulouse.


Une chambre blanche. Un lit au centre. Un couple endormi et enlacé. Son nez à lui enfouit dans ses cheveux à elle. Leurs respirations pour seule musique. Soudain, il ouvre les yeux, et sourit. Elle sent bon. Il est heureux. Elle se retourne et lui fait face. Il lui caresse la joue.

???: Bonjour.
???: Boujour.


Ils s'embrassent tendrement. Ils s'aiment, simplement, sans artifices.

???: Epouses-moi.

Elle se lève et s'assit sur le lit, l'air triste.

???: Antoine... On ne peux pas, tu le sais.

Il s'assied à côté d'elle et dépose son visage sur l'épaule de la jeune femme.

Antoine: Quand je t'ai demandé de me suivre ici, j'ai promis que je te rendrais heureuse, que je t'épouserais, que je fonderais une famille avec toi.

Silence.

Antoine: Louise, peu importe ce que disent les lois. Je t'aime et il y a beaucoup de choses que je ne pourrais pas t'offrir...Mais faire de toi ma femme n'en fait pas parti. Je sais qu'en ce moment la vie est dure et que tu n'es pas forcément très épanouie. Je sais que tu te sens seule quand je ne suis pas là. Je sais que tu as besoin de moi et que je suis souvent absent mais...
Louise(le coupant): Je suis enceinte.
Antoine(se détachant brusquement d'elle): Quoi ?


Elle se retourne et plonge dans ses yeux.

Louise: Je suis enceinte. On va avoir un bébé.

Elle lâche un sourire. Et une larme, par la même occasion.

Antoine: Mais...Comment tu le sais? T'as vu un médecin ?
Louise: Certains symptômes ne trompent pas.


Il se détent. Lui caresse la joue. Encore.

Antoine: On va avoir un bébé ?

Elle acquiese en souriant. Il lui touche le ventre, émerveillé.

Antoine: Je l'ai senti!
Louise: C'est ça oui!
Antoine: Je te promet que je l'ai senti. Il a de la force! Ce sera un homme
Louise: Antoine, ce n'est qu'une graine encore!
Antoine: Très vigoureuse, cette graine.


Elle rit devant l'air enfantin d'Antoine. Il se lève, dépose un baiser sur ses lèvres.

Antoine: Je dois y aller.
Louise: Où ?
Antoine: Tu sais bien que...
Louise(le coupant): "Si je pouvais te le dire, je te le dirais." Je sais. J'essayais juste, tu peux pas m'en vouloir.
Antoine: Je t'aime.


Elle sourit.

Louise: Nous aussi.

Il s'en va, prend un air hésitant, puis se retourne et revient vers elle, vers eux. Il dépose un baiser sur le ventre de Louise.

Antoine: Au revoir, petite graine.
Louise(avec un sourire): Va-t-en!



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Scène 5                                                                                                             [Antoine&Louise]

# Posté le dimanche 09 mars 2008 13:07

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:49

Pour éviter les confusions.

J'aurais peut-être dû le faire au début, enfin, toujours est-il que je ne l'ai pas fait.

Petit résumé de ce qu'il s'est passé dans les vies de certains de mes personnages avant le commencement de l'histoire.

La famille Desforêts (les parents Jean et Ahava, les enfants Antoine et Lucie) est partie vivre en Normandie, région d'origine d'Ahava, en 1938. En août 1941, celle-ci était arrêtée puis déportée à cause de son Judaïsme. Dès le lendemain, Jean décida de retourner à Toulouse, en zone libre, pour la sécurité de ses enfants, eux ausssi juifs, qui, par miracle, n'avaient pas été arrêtés en même temps que leur mère.

Légère présentation des personnages, de certaines de leur caractéristiques suceptibles de jouer un rôle dans mon histoire et des liens qui les unissent.

Jean Desforêts est un homme de 44 ans. Il est fou amoureux de sa femme dont il n'a aucune nouvelle depuis près d'un an et serait prêt à mourir pour ses enfants. Il est résistant.

Ahava Desforêts est la mère d'Antoine et Lucie et la femme de Jean. Elle fut déporté un matin d'août 1941. Sa famille n'a plus aucune nouvelle d'elle depuis. Son prénom, Ahava, signifie amour en hébreu et est révélateur du caractère de la femme qui ressent un amour inconditionnel pour ses proches.

Lucie Ahava Desforêts est une jeune fille de 18 ans. Elle est déterminée, têtue, mais très fragile depuis la mort de samère même si elle refuse de le montrer. Elle aime énormément son frère et son père. Elle veut se battre pour sa patrie et ne considère pas du tout son judaïsme comme un handicap, au contraire. Elle va même jusqu'à le revendiquer certaines fois, au péril de sa vie. C'est un des seuls liens qui l'unissent vraiment à sa mère.

Antoine Eyal Desforêts est un jeune homme de 23 ans. Eyal signifie courage en hébreu, ce qui lui correspond totalement. Il surprotège sa soeur. Il la connaît et sait que malgré les apparences, elle est extrêmement fragile. Il s'inquiète aussi pour son père qui a une santé fragile depuis la disparition de sa femme. Il est profondément amoureux de Louise.

Louise De La Marée est une jeune fille de 21 ans, issue d'une famille bourgeoise normande. C'est d'ailleurs là-bas qu'elle rencontre Antoine en 1941 dont elle s'éprend follement. Lorsqu'il doit retourner en zone libre, elle décide de le suivre malgré les à-prioris de ses parents. C'est un affront pour ceux-ci qui ont choisi,après l'armistice,la collaboration au régime de Vichy.
 Pour éviter les confusions.

# Posté le dimanche 16 mars 2008 08:13

Scène 6

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Juillet 1942, Toulouse.

Il marcha à peine dix minutes avant de se retrouver devant un vieux portail rouillé. Il tourna la poignée et rejoignit une vieille porte en chêne, quelques mètres puis loin. Il la poussa doucement et entra.

Antoine: Papa ?

Pas de réponse. Il monta à l'étage.

Antoine: Papa ?
Jean: Je suis là...


Antoine avança jusque la pièce d'où semblait provenir le murmure. Il passa l'entrebaillement de la porte et aperçut son père, assis sur un fateuil, le visage entre les mains. Antoine se précipita vers lui.

Antoine: Papa! Qu'est-ce qu'il y a ? Il est arrivé quelque chose à Lucie?
Jean(soufflant): Lucie...
Antoine: Papa ?


Il le regarda, interrogateur, cherchant à déceller un quelconque indice dans les yeux de son père.

Jean: Elle n'est pas rentrée hier soir. Nous nous sommes disputés, elle est partie, elle n'est pas rentrée.
Antoine: Elle est peut-être seulement dans les champs, tu sais qu'elle adore y passer son temps.
Jean: Même si ce n'est que cela Antoine, elle doit faire attention.
Antoine: Papa, ne t'inquiètes pas, elle doit sûrement être entrain de tourner en rond, ne sachant pas comment s'excuser. Pourquoi vous êtes-vous disputer ?


Jean leva les yeux vers son fils. Il le regarda silencieusement quelques instants.

Antoine: Toujours pareil, hein ?
Jean: Elle ne veut pas comprendre que nous sommes en guerre ! Elle risque gros.
Antoine: Je pense qu'au contraire elle le comprend mieux que beaucoup de gens ici. Elle a perdu sa mère, moi aussi d'ailleurs et elle ...
Jean(le coupant): Et moi j'ai perdu ma femme ! Et je n'ai aucunement l'intention de perdre un de mes enfants en plus. Tu sais aussi bien que mois que Lucie est trop fragile.


Antoine n'ajouta rien. La bataille était perdu d'avance. Il était effrayé par l'idée que sa soeur soit résistante, mais il craignait encore plus qu'elle fasse des bétises si on l'en empêchait.

Antoine: Il faut que l'on aille voir Le Chêne aujourd'hui, je te rappelle.

Jean se leva tristement.

Jean: Sors les vélos du garage, je te rejoins dans quelques minutes.

Antoine descendit dans la cuisine, prit deux pommes et sortit dans le jardin. Jean, quand à lui se dirigea vers sa chambre. Il s'asseya sur son lit et saisit le cadre qui reposait sur sa table de nuit. Il l'observa quelques secondes puis s'attarda sur le visage d'une jeune femme d'une trentaine d'année. Elle tenait dans ses bras un bébé d'à peine quelques mois et un garçon d'environ six ans s'aggripait à sa robe. La jeune femme riait aux éclats.


Août 1924, Toulouse. Flash-back

???: Papa! Papa!
Jean: Qu'y a-t-il Antoine ?
Antoine: Viens voir, viens voir.


Antoine se mit à courir vers la maison. Jean le suivait. Il entra par la lourde porte de chêne.

Jean: Ahava ! Qu'y a-t-il ? Un problème avec le bébé ?
Ahava(souriant et pleurant): Non, pas de problème, elle vient juste de rire.
Jean: Quoi ?
Ahava: Elle a rit, quel son magnifique ! J'avais oublié à quel point c'était joli!
Jean: Attends, pour immortaliser le moment, venez. On va prendre une photo.


Fin du Flash-back.

Jean sourit, posa un baiser sur le visage en noir et blanc d'Ahava et sortit de la pièce.


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@ll-right-reserved to x-Amour-x-Interdit-x.
Scène 6

# Posté le dimanche 16 mars 2008 10:28

Modifié le dimanche 07 décembre 2008 14:49