Lucie laissa retomber le rideau de la fenêtre d'un geste rageur. Elle descendit les marches de l'escalier quatre à quatre, manqua de tomber, et se retrouva bientôt dans une vaste pièce rectangulaire qui semblait être une cuisine. Elle cherchait quelquechose, quelqu'un. Ne voyant personne, elle se mit à crier.
Lucie : Papa ! Papa ! Où est-tu ??
Un homme grand, le cheveu grisonnant, les yeux clairs entra en courant.
Jean : Lucie, qu'y-a-t-il ?
Lucie : Tu les as vus ??
Son père baissa la tête et s'assit sur une des chaises qui entouraient la table centrale.
Lucie : J'en étais sûre !!Tu le savais, hein ?
Jean posa sa tête entre ses mains. Il ne savait plus quoi dire à sa fille. Oui, ils les avaient vu. Mais, comment lui apprendre que ces êtres qui lui avaient enlevé l'amour maternelle étaient arrivés jusque ces terres, jusque leurs terres.
Lucie : Qu'est-ce qu'ils font ici ?
Jean regarda sa fille, une lueur de désespoir dans les yeux.
Lucie : Papa ! Qu'est-ce qu'ils font ici ?? Ils n'ont aucun droit de marcher, de respirer ici ! C'est chez nous ! Qu'est-ce qu'ils veulent de plus, hein ? Ils nous ont déjà tous pris !
Jean: Lucie...
Lucie: Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Jean : Que voulais-tu que je te dise ?
Lucie : La vérité ! Je suis assez forte pour l'encaisser, même si elle est moche. Papa, laisses-moi vous aider s'il te plaît.
Jean : On en a déjà parlé Lucie, c'est non.
Lucie : Papa ! Je suis française !J'ai le droit d'aider mon peuple !
Jean : Tu es aussi juive Lucie ! Et en ce moment, c'est ce qui compte le plus !
Lucie : Papa, vous n'êtes plus assez ! Aujourd'hui, ils ont passé la ligne de démarcation ! Où seront-ils demain ?
Jean : A présent, ils ont le droit d'être ici. Je l'ai lu, il y a quelques jours dans l'Action Française. Le gouvernement de Vichy a été obligé de céder face à la pression allemande après le débarquement des alliés en Afrique du Nord.
Lucie : Tu lis l'Action Française ?
Jean : Oui, je dois me tenir informés des dernières lois, de l'actualité des allemands et de Vichy.
Lucie : Je le ferais avec ou sans toi, papa, mais ce sera plus dur sans ton aide.
Jean : Lucie, je viens de te le dire, c'est non. Ce n'est pas la peine que tu rajoutes résistante à ton dossier ! Il ne manquerait plus que ça ! Tu vas finir par te faire tuer si tu continues ! Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose qu'a ta mère.
Lucie : Tu as entendu ce que je viens de te dire, je n'ai rien d'autre à ajouter.
Elle sortit par une porte qui donnait sur l'extérieur.
Jean : Lucie...
Jean étouffa quelques sanglots. Il ne pouvait pas craquer. Plus maintenant. Elle avait besoin de lui. Elle se disait forte, mais que connaissait-elle à la guerre ? Ici, elle avait toujours été à l'abri, du moins jusquà ces jours-ci.
Pour la créa de loan-et-lee, j'ai corrigé la faute^^Merci de m'avoir prévenue, c'est vrai que ça me gêne aussi de lire des fictions pleines de fautes et de langages sms! Et, merci, merci pour tous tes comm's!
Clémence.